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Photogrammétrie implantaire : précision, efficacité et changement de paradigme

Introduction

La photogrammétrie implantaire s’impose progressivement comme une référence pour l’enregistrement de la position tridimensionnelle des implants, en particulier dans les restaurations plurales et complètes. Elle devient aujourd’hui accessible en pratique libérale, avec des impacts majeurs sur la précision prothétique, la reproductibilité et les flux de travail numériques.

Principe de la photogrammétrie

La photogrammétrie repose sur l’acquisition de multiples photographies d’éléments repères (scanbodies spécifiques) sous différents angles.

Un algorithme reconstruit ensuite avec une très grande précision la position spatiale relative de chaque implant, indépendamment des tissus mous.

Points clés du principe :

  • Acquisition optique pure, sans recalage sur les tissus.
  • Calcul des positions implantaires par triangulation.
  • Résultat : un fichier de référence extrêmement précis pour la prothèse.

Photogrammétrie vs empreinte numérique classique

Les empreintes numériques conventionnelles (IOS) reposent sur une reconstruction par stitching successif. Ce principe est fiable sur des portées courtes, mais peut générer des erreurs cumulatives sur des restaurations plurales ou complètes.

La photogrammétrie permet de :

  • S’affranchir des déformations liées au stitching.
  • Garantir une précision constante, indépendamment du nombre d’implants.
  • Dissocier l’enregistrement implantaire de l’enregistrement muqueux (qui peut ensuite être fusionné).

Précision : que dit la littérature ?

Les données actuelles sont concordantes.

  • La photogrammétrie montre une précision significativement supérieure aux empreintes numériques conventionnelles pour les restaurations plurales et complètes.
  • Les écarts mesurés sont souvent inférieurs à 10 microns, là où les IOS peuvent dépasser 30 à 50 microns sur des portées étendues.

Études de référence :

Comparison of photogrammetric imaging with conventional and intraoral scanning for complete-arch implant impressions.
Auteurs : Abuduwaili A. et al., 2025
Journal : Journal of Prosthetic Dentistry (Elsevier, IF ≈ 4.6)
Résumé : Évaluation expérimentale de la précision 3D de la photogrammétrie comparée aux empreintes conventionnelles et numériques.
Lien direct (PubMed Central) : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12093893/

Accuracy of intraoral photogrammetry in complete arch implant-supported prostheses
Auteurs : Eldabe H. et al., 2025
Journal : Journal of Prosthetic Dentistry (Elsevier, Q1 en prosthodontie)
Résumé : Comparaison quantitative (trueness, précision angulaire) entre photogrammétrie intraorale et scan conventionnel pour arcade complète.
Lien PubMedhttps://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40253232/

Accuracy of photogrammetry versus intraoral and conventional techniques for complete-arch implant rehabilitation
Auteurs : Ma J., Rubenstein J., Lin W. et al., 2021
Journal : BMC Oral Health (Springer Nature, IF ≈ 3.8)
Résumé : Analyse de la précision (trueness & precision) des empreintes photogrammétriques comparées aux autres techniques.
Lien PubMedhttps://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34893053/

Délais et efficacité clinique

Contrairement aux idées reçues, la photogrammétrie est particulièrement rapide.

  • Temps d’acquisition : généralement 2 à 5 minutes, même sur des cas complexes.
  • Pas de reprise liée à une zone mal scannée.
  • Moins de rendez-vous correctifs prothétiques.

En pratique, le gain de temps se situe surtout en aval :

  • Ajustage prothétique simplifié.
  • Réduction des retouches laboratoire.
  • Diminution du risque d’erreur cumulative.

Indications cliniques privilégiées

La photogrammétrie implantaire prend tout son sens dans :

  • Les restaurations plurales sur implants.
  • Les bridges complets (All-on-X).
  • Les cas à forte exigence de passivité.
  • Les flux full-digital avec fabrication CAD/CAM directe.

Elle peut être combinée à :

  • Une empreinte muqueuse par IOS.
  • Un flux de planification chirurgicale guidée ou naviguée.

Limites et points de vigilance

  • Nécessite des scanbodies dédiés et une rigueur de protocole.
  • Investissement matériel initial.
  • Collaboration étroite avec le laboratoire.

Ces limites sont largement compensées par la fiabilité globale du flux.

Conclusion

La photogrammétrie implantaire ne remplace pas l’empreinte numérique classique : elle la complète et la dépasse sur des indications ciblées.

Elle représente aujourd’hui un changement de paradigme pour la prothèse implantaire de précision, avec des bénéfices directs pour le praticien, le laboratoire et surtout le patient.