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La science est-elle une croyance ?

La question paraît provocatrice. Après tout, la science se présente comme le domaine du rationnel, du mesurable, de l’objectif. Mais si l’on s’éloigne un instant de l’évidence du mot, la question devient intéressante : sur quoi repose réellement la confiance que nous accordons à la science ? Est-ce uniquement un système de preuves… ou l’adhésion à un cadre de pensée ?

Science et croyance : deux approches différentes

  • La croyance repose sur une adhésion personnelle : elle fonctionne sans preuve testable, souvent à partir d’intuitions, de traditions ou de convictions.
  • La science repose sur un principe inverse : elle ne demande pas d’y croire, mais de vérifier, de tester, de reproduire. Elle accepte d’être contredite.

La distinction centrale se situe donc moins dans l’objet que dans la méthode.

La science n’affirme pas, elle corrige

La science évolue parce qu’elle doute. Elle intègre l’erreur, la surprise, le changement d’avis. Une hypothèse n’est jamais “vraie”, elle est simplement non réfutée à ce jour.

C’est ce qui fait sa force : elle avance en corrigeant ses certitudes.

Ce n’est pas une croyance, c’est un cadre qui accepte d’avoir tort.

Alors, pourquoi a-t-on l’impression de “croire” en la science ?

Parce que dans la vie quotidienne, nous ne pouvons pas tout vérifier nous-mêmes. Nous déléguons notre confiance :

  • aux institutions (universités, académies, hôpitaux),
  • aux corps de métiers (médecins, ingénieurs, chercheurs),
  • aux protocoles (études, essais cliniques, statistiques).

Nous ne “croyons” pas en la science : nous faisons confiance à ceux qui la pratiquent. La nuance est importante.

Pour aborder la question de la vérité scientifique par rapport à la croyance, Etienne Klein offre une formulation utile : « Ce que j’appelle la vérité, c’est la bonne réponse à une question bien posée. » 
Celle-ci montre que la science ne se réclame pas d’une vérité dogmatique, mais d’un résultat obtenu dans un cadre méthodologique précis.

Là où la comparaison devient pertinente

Il existe un point commun entre science et croyance : une forme d’élan humain. Les deux cherchent à comprendre le monde, à lui donner du sens, à réduire l’incertitude.

La différence tient dans le chemin : la croyance stabilise, la science questionne.

Conclusion

La science n’est pas une croyance.

Elle ne repose pas sur l’adhésion, mais sur l’épreuve.

Elle ne demande pas de confiance aveugle, mais un regard critique.

Mais elle implique tout de même une forme de confiance : pas dans une doctrine, mais dans un processus.

On ne croit pas en la science. On lui fait confiance jusqu’à preuve du contraire !